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Protection du littoral à Béjaïa

Le lac Tamelaht, un site à classer

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le 17.04.18 | 12h00 Réagissez

 
	Une équipe de spécialistes à pied d’œuvre au lac Tamelaht.
Une équipe de spécialistes à pied...

Une équipe du Commissariat national du littoral était à pied d’œuvre sur le site pour entreprendre des actions de protection et de reconstitution d’un écosystème qui se dégrade.

Sous un ciel pluvieux et un vent marin glacial, une équipe d’ingénieurs audacieux du Commissariat national du littoral (CNL), qui dépend du ministère de l’Environnement et des Energies renouvelables, est résolue à entamer l’ultime étape du projet de réhabilitation et de reconstitution du cordon dunaire et du réaménagement de la périphérie du lac Tamelaht, sis à Sidi Ali Levhar, près de l’aéroport de Béjaïa.

Il s’agit, pour ce groupe venu de Boumerdès, Tizi Ouzou, Jijel, Oran et Alger, coordonné par le responsable de l’antenne de Béjaïa, de reconstituer l’écosystème dégradé de ce site de 21 ha et distant de 50 mètres de la mer. Il est classé premier à l’échelle de la wilaya en termes de superficie.

Dans le cadre de la réhabilitation et de la reconstitution des écosystèmes dunaires par la régénération du système dunaire, les agents de la CNL ont pour mission de limiter les dégâts sur ce site hyper sensible avec la plantation de plantes fixatrices des dunes, appelées oyat, l’amélioration du cadre du paysage du lac, l’éradication des dépotoirs sur la plage et au niveau de la périphérie du lac et l’installation des brise- vent (des ganivelles).

Mais la tâche la plus difficile est de stopper l’implantation de toutes les activités nuisibles sur la côte. Délabré et parsemé de crevasses, l’accès qui mène vers le lac est quasiment impraticable. Le véhicule tout-terrain qui nous transporte s’en sort difficilement en slalomant entre les trous béants remplis d’eau de pluie.

L’accès débouche sur une plage interdite à la baignade à cause du déversement des eaux usées de Sidi Ali Levher en mer. «Malgré l’interdiction de cette plage à la baignade, la fréquentation bat des records en été», selon nos interlocuteurs. Une clairière dans l’herbe, bordée de pneumatiques usés, sert de parking illicite.

Des ordures ménagères et autres déchets durs et hospitaliers sont entassés sur les accotements de la piste.  Les berges du lac ne sont pas en reste. Bouteilles en plastique et toutes sortes de détritus menacent la faune et la flore de ce lac déjà fragilisé par l’érosion et la montée des eaux de mer.

La plantation des oyats est l’une des solutions écologiques pour redonner vie à cet espace qui abrite quelques espèces animales et des plantes spécifiques à cet écosystème. «Nous allons planter au moins 1200 plantes qui ont été cultivées au niveau de la pépinière de la Conservation des forêts de Béjaïa.

C’est une espèce de plante qui fixe les dunes et piège en même temps, à ses pieds, le sable. Mais elle est tellement fragile que nous avons également mis en place cette structure en bois, des brise-vent pour atténuer la force du vent et stopper le sable au pied de la structure», explique Nadjim Benidir, chef de l’antenne CNL de Béjaïa.

Cette équipe a entrepris son travail très tôt, pour préparer cette action. En janvier, des oyats ont été récoltées d’un cordon dunaire à Zemmouri et ont été par la suite cultivées au niveau des serres à Béjaïa. En octobre 2017, la production de cette plante est lancée au niveau de la pépinière de la Conservation des forêts.

Puis, le travail a repris avec la réalisation des brise-vent, fabriqués en recyclant des palettes en bois récupérées dans deux entreprises publiques et transportées vers la pépinière de la Conservation des forêts qui a servi d’atelier pour les éco-gardes. Fort heureusement, des partenaires, dont des entreprises publiques et privées, ont prêté main-forte en mobilisant leur logistique.

D’aucuns espèrent que l’effort fourni par le CNL à travers ces ingénieurs et ces éco-gardes soit préservé et que le lac Tamelaht, peu connu du public, soit classé ne serait-ce que par un arrêté du wali, afin de le doter d’une protection juridique et de moyens conséquents pour l’entretien des structures de protection.

Rencontré à la maison de la culture, lors de la célébration officielle de la Journée mondiale de l’eau, Aomar Khaber, directeur général du Commissariat national du littoral, a déclaré à El Watan que «le processus de classement de ce site est en cours». Espérons juste que cette démarche ne sera pas prisonnière du système bureaucratique des commissions.

 

Nordine Douici
 
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