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Bibliothèque urbaine de Bab El Kantara

«Une bouffée d’oxygène» culturelle pour la ville

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le 06.02.18 | 12h00 Réagissez

 
	Le site est aussi un merveilleux bijou à préserver
Le site est aussi un merveilleux bijou à préserver

Depuis son ouverture au mois de novembre dernier, la structure accueille un nombre impressionnant d’adhérents et de visiteurs.

Lancée dans le cadre de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015» (CCCA) et tant attendue par la population de la ville, depuis 2014, la bibliothèque urbaine de Bab El Kantara devient le lieu le plus convoité par les amoureux du livre. Une structure désormais considérée comme une grande «bouffée d’oxygène» culturelle.

Depuis son ouverture, au mois de novembre dernier, les citoyens de la wilaya n’ont cessé d’y affluer, soit par curiosité, soit par envie d’adhésion à cette bibliothèque centrale de lecture publique, qui porte le nom du défunt nouvelliste, Mustapha Nettour, ancien directeur de la culture de la wilaya.

Face au manque de tels établissements publics, cette bibliothèque est vue, selon quelques témoignages, comme un nouveau bijou architectural qui s’ajoute aux nouvelles infrastructures dont a bénéficié la ville de Constantine. Car, la présence d’esprit avec laquelle le choix du terrain a été fait, et la qualité remarquable des travaux lui ont attribué l’aspect d’un édifice artistique.

D’abord, située en plein centre-ville, sur un site archéologique et à quelques encablures de quatre ponts (Salah Bey, Sidi Rached, Bab El Kantara et Mellah Slimane), l’infrastructure offre à ses visiteurs une splendide vue panoramique de l’antique Cirta et de son rocher. Sur place, de l’intérieur des salles de lecture, l’adhérent pourra se permettre un moment de relâche, pour réorganiser ses idées, en contemplant la passerelle Mellah Slimane.

En glissant son regard vers le sud et l’ouest, il peut également apprécier la beauté de la vieille ville avant de croiser le pont de Bab El Kantara vers le nord. Levant les yeux un peu plus haut, l’adhérent sera ébloui par le paysage et le monument aux morts qui apparaît de loin, sur le rocher de Sidi M’cid. Pour ce qui est de la réalisation, l’établissement est le premier du genre dans la wilaya avec son architecture islamique moderne. La bibliothèque s’étale sur environ 3000 m², avec une capacité de 5 000 places.

Elle compte deux salles de lecture de 200 m2 chacune, ayant la capacité d’accueillir plus de 100 adhérents. En outre, ce projet, composé d’un sous-sol réservé uniquement aux enfants et en plus de trois niveaux, est doté aussi d’une salle d’internet, un amphithéâtre de 200 places et un espace administratif.

Un programme culturel très varié

Malgré la mise en exploitation récente de la bibliothèque, l’administration a pu placer sur les rayonnages 20 700 ouvrages, dont 6 060 titres touchant à tous les secteurs, notamment la science, l’histoire et la littérature. «Nous comptons placer encore environ 30 000 exemplaires, qui sont en cours de traitement technique.

Dans les quelques jours à venir, le fonds documentaire de notre bibliothèque comptera plus de 50 000 livres, dont plusieurs sont récents et édités dans les cinq langues. Soit l’arabe, le français, l’anglais, l’allemand et l’espagnol», a déclaré Wafia Derouaz, directrice de la bibliothèque Mustapha Nettour. Cette dernière n’a pas manqué d’exprimer aussi sa satisfaction envers plusieurs adhérents, qui ont participé à l’alimentation du fonds documentaire de l’établissement.

«Ce qui est plus émouvant, c’est que plusieurs adhérents, dont des enseignants universitaires, des artistes et des femmes au foyer, nous ont offert environ 100 livres d’histoire, de littérature et autres. J’ai beaucoup apprécié cet esprit de partage et de relation noble entre le citoyen et le livre qui résiste encore», a-t-elle précisé. Pour ce qui est du programme culturel établi par l’administration de la bibliothèque, Mme Derouaz a promis aux adhérents, dont le nombre dépasse les 3000 personnes, un menu riche et varié.

Cela commencera par une rencontre sur l’écriture et la poésie, qui sera organisée à la fin de la semaine en cours. «Cette rencontre sera dédiée aux poèmes et autres pensées rédigées par les adhérents de la bibliothèque. C’est une initiative pour inculquer à la jeune génération la notion de culture et l’amour du livre. Plusieurs thèmes seront abordés lors de cette rencontre, ouverte au public constantinois sans exception», a précisé la même responsable.

Toujours dans la même perspective, elle a ajouté que la huitième édition du concours «Le jeune écrivain», dédié aux collégiens, sera tenue à la fin février au même établissement. Pour conclure, Wafia Derouaz invite tous les écrivains et les artistes de la wilaya à prendre attache avec l’administration de la bibliothèque, afin qu’ils contribuent aux différentes activités culturelles.

«Chaque institution culturelle ne peut fonctionner seule, c’est pourquoi je lance un appel à tous les écrivains et les artistes-peintres, musiciens et autres pour participer à l’établissement du programme des différentes activités. Nous avons besoin d’eux pour conserver le patrimoine matériel et immatériel de Constantine, et le transmettre à la nouvelle génération», a-t-elle soutenu.

Manque de personnel et d’équipements

Malgré tous les efforts déployés par le personnel de cette bibliothèque, l’infrastructure manque encore de plusieurs équipements nécessaires. Notons à titre d’exemple, le chauffage et le système de sécurité pour protéger l’établissement et les ouvrages. «Nous avons lancé une procédure pour équiper les lieux de plusieurs caméras de surveillance, mais cela demeure insuffisant.

Car il nous faut tout un système pour protéger les ouvrages. Par exemple, les adhérents ne peuvent pas accéder aux rayonnages, ils consultent les titres sur micro-ordinateur, avant de faire une demande de prêt», a-t-elle expliqué.

Et de renchérir : «L’inconscience aussi de certains habitants nous porte beaucoup de préjudices. Il y a des riverains qui jettent leurs déchets sur le site archéologique situé à l’intérieur de la bibliothèque. Il nous faut un agent affecté sur place pour conserver ce nouveau patrimoine culturel.»                 

Yousra Salem
 
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