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La grande marche du retour se poursuit en Palestine occupée

La mobilisation des Palestiniens se renforce

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le 14.04.18 | 12h00 Réagissez

 
	Des manifestants palestiniens près de la frontière israélienne à Ghaza 
	 
Des manifestants palestiniens près de la frontière...

Pour le troisième vendredi consécutif, des milliers de Palestiniens armés de courage se sont dirigés, dès les premières heures de la journée, vers la frontière entre la bande de Ghaza et Israël, dans le cadre de la poursuite des manifestations populaires pacifiques réclamant le retour des réfugiés palestiniens et la levée du blocus imposé à l’enclave palestinienne.

Une trentaine de Palestiniens ont encore été blessés hier par des balles tirées par des soldats de l’armée d’occupation israélienne, selon des témoins et le personnel médical. Ces manifestations durement réprimées par les forces de l’armée israélienne, postées du côté israélien, semblent loin de s’essouffler.

Le nombre des participants aux manifestations pacifiques a même augmenté au fil des semaines, malgré l’assassinat par l’armée de l’Etat hébreu de 31 citoyens palestiniens. 3000 autres civils ont été blessés. Un véritable bilan de guerre. Les organisateurs de cette «grande marche du retour» disent que la manifestation atteindra son apogée le 15 mai prochain, date coïncidant avec la Nakba, la catastrophe que fut la proclamation de l’Etat d’Israël.

Les rassemblements et les marches, qui ont lieu dans les zones frontalières avec Israël, visent à attirer l’attention de la communauté internationale sur la tragédie vécue par les trois quart du peuple palestinien avec la création de l’Etat d’Israël aux dépens de leurs terres et de leurs maisons dans les villes et villages palestiniens, dont ils ont été expulsés en 1948.

L’application de la résolution 194 des Nations unies adoptée le 11 décembre 1948, et qui donne le droit aux réfugiés de retourner chez eux, est la principale réclamation des manifestants, dont la majorité sont des descendants de ceux qui avaient été forcés à l’exil après la guerre israélo-arabe de 1948.

Assassinat de civils

Après le «Vendredi du caoutchouc», en référence aux milliers de pneus usés, collectés par les citoyens, puis brûlés dans les zones frontalières pour gêner la vision des tireurs d’élite israéliens et minimiser les pertes humaines, ce vendredi était celui du «Drapeau palestinien».

Les citoyens étaient priés d’apporter avec eux des drapeaux palestiniens pour être brandis et des drapeaux israéliens pour être brûlés en face des soldats israéliens surarmés. Ces derniers n’ont pas hésité à tirer sur des civils innocents. Ils ont déjà froidement assassiné, au cours du «Vendredi du caoutchouc», un jeune journaliste de 30 ans et un enfant âgé de 14 ans seulement.

La participation de familles entières à ces manifestations populaires pacifiques n’a pas dissuadé l’armée israélienne de tirer à balles réelles et d’utiliser des gaz lacrymogènes toxiques qui causent des difficultés respiratoires et des convulsions. Les équipes de secours du Croissant-Rouge palestinien ont été encore une fois ciblées hier par les forces d’occupation pour les empêcher de secourir les civils blessés. Quatorze de leurs membres ont eu besoin de soins après avoir inhalé des gaz toxiques.

Après Yasser Mourtaja, tué vendredi dernier, des sources médicales palestiniennes ont annoncé, en début d’après-midi, que le journaliste Ahmad Abou Houssein a été évacué vers l’hôpital Al Shifa de Ghaza-ville après avoir été gravement blessé par une balle tirée par un sniper israélien, à l’est de Djabaliya, au nord de l’enclave palestinienne.

Ahmad, tout comme Yasser, portait un gilet pare-balles sur lequel est inscrit de façon bien lisible le mot «Presse». Ce fait confirme que la mort de Yasser n’était pas fortuite. Il s’agit bel et bien d’un geste prémédité visant à empêcher les journalistes de couvrir la boucherie israélienne.

Silence international et permis de tuer

Bien que ces crimes aient été pour la plupart diffusés en direct sur les différentes chaînes de télévision, la communauté internationale n’a entrepris aucune action significative pour mettre un terme aux innommables violations de l’armée israélienne. Ce silence est dû en grande partie à la décision des Etats-Unis de mettre en échec, deux fois de suite, la publication par le Conseil de sécurité de l’ONU d’un communiqué dénonçant les pratiques israéliennes dans la bande de Ghaza depuis le 30 mars dernier.

A de nombreuses reprises, le gouvernement palestinien de Rami Al Hamdallah a critiqué le silence international concernant le massacre israélien. «Le silence de la communauté internationale face aux crimes de guerre commis par les Israéliens contre la population palestinienne peut être considéré comme une complicité, ce qui n’est pas moins dangereux que les crimes eux-mêmes», a soutenu le ministère palestinien des Affaires étrangères.

Ce silence international se poursuit, bien qu’une vidéo diffusée par des chaînes de télévision israéliennes aient montré un soldat israélien pointant son arme vers un jeune Palestinien debout à quelques centaines de mètres de la clôture de séparation marquant la frontière. Après l’avoir touché, le soldat a exprimé sa joie tout en lui lançant des insultes.

Le pire est que le jeune Palestinien tué de sang-froid ne représentait aucune menace. Il n’était même pas armé. Des organisations de défense des droits de l’homme israéliennes ont vivement critiqué les mesures de répression utilisées par l’armée d’’occupation. Mais le gouvernement israélien, qui a donné un permis de tuer à ses soldats, continue de défendre son armée criminelle.

«Tout d’abord les tireurs d’élite doivent recevoir des médailles et le journaliste doit recevoir une punition», a déclaré le ministre israélien de la Guerre, Avigdor Lieberman, en faisant allusion à la vidéo montrant un soldat israélien exécuter de sang-froid un jeune Palestinien. 

Fares Chahine
 
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