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Des villes ont connu des saccages et des pillages

Béji Caïd Essebsi face à la colère des Tunisiens

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le 11.01.18 | 12h00 Réagissez

Kasserine, Thala, Gafsa et quelques quartiers périphériques de Tunis ont connu, lundi et mardi soir, des manifestations de groupes de jeunes. La quasi-totalité de la classe politique a appelé la population à revendiquer dans le calme.

Partis pour contester la cherté de la vie, les mouvements de masse, survenus dans les zones déshéritées de la Tunisie (Kasserine, Thala, Nefza, Gafsa, Tébourba et le quartier périphérique Ettadhamen à Tunis) se sont transformés en des scènes de pillage. Ces rebondissements ont poussé le gouvernement et la classe politique à déclarer que «les réclamations sont légitimes, pas le pillage et le chaos», comme l’a affirmé le chef du gouvernement, Youssef Chahed.

Lors du débat parlementaire, organisé sous la coupole de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le chef du bloc parlementaire de Nidaa Tounes, SoufianeToubal, a indiqué que la contestation pacifique mue par des revendications légitimes pour l’emploi, le développement, et la justice sociale est légitime, pas la violence, le saccage et le pillage.

Pour Toubal, il s’agit de «deux formes d’expression différentes, aux mobiles antinomiques, puisque l’une aspire au progrès social et à la dignité, et l’autre veut la dévastation et le chaos». Par ailleurs, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khalifa Chibani, a attesté que certaines régions ont été le théâtre de protestations pacifiques et civilisées contre la vie chère, et pour des conditions de vie meilleures, mais des scènes de violence et de chaos sont survenues du fait d’éléments malintentionnés.

K. Chibani a indiqué que la situation est sous contrôle et que des dizaines d’arrestations ont été opérées. Des réactions en cascade ont fusé des partis Nidaa Tounes, Ennahdha et le Parti républicain contre les dérapages de la contestation nocturne de la veille. Tout en reconnaissant la légitimité de la contestation, face à la cherté de la vie et à la dégradation du pouvoir d’achat, ces partis politiques ont condamné en chœur les actes de violence et de saccage.

Appel à la retenue

Dans un communiqué publié avant-hier, le parti Nidaa Tounes a exprimé sa vive condamnation des actes de pillage et de saccage contre les biens publics et privés, signalant que «ces pratiques n’ont aucun lien avec la protestation pacifique et civile garantie par la Constitution et les lois du pays».

Le parti du président Béji Caid Essebsi dit adopter toutes «les revendications populaires légitimes pour la protection du pouvoir d’achat, et l’amélioration des conditions de vie, notamment dans les régions démunies», appelant le gouvernement «à travailler dans le cadre d’une stratégie de communication claire et précise pour clarifier ses orientations économiques et sociales, et barrer la route aux rumeurs ayant envahi les réseaux sociaux dans le cadre d’une stratégie planifiée pour susciter la discorde et le chaos».

De son côté, le parti islamiste Ennahdha a affirmé dans un communiqué que «les revendications légitimes pour le développement, l’emploi et le droit absolu à la protestation pacifique, sont légitimes, sans attenter à l’intégrité des personnes, ou s’attaquer aux biens publics et privés».

Le mouvement a condamné «l’instrumentalisation par certaines parties politiques gauchisantes anarchistes des revendications légitimes pour inciter au chaos, au saccage et au pillage». Ennahdha a appelé à l’apaisement, à la raison, à faire transcender l’intérêt national et à appuyer les efforts des appareils de sécurité et de l’armée pour réaliser la sécurité et la stabilité dans le pays.

Pour sa part, l’ancien président, Moncef Marzouki, a considéré les protestations populaires comme étant «légitimes, logiques, voire nécessaires» face à des politiques qui ne font miroiter que des illusions depuis 2014, dont la principale spécificité est «de faire peu de cas de l’intelligence du peuple et de ses intérêts», tout en comptant sur son «abattement et la propagation du désespoir en son sein». 


Sellami Mourad
 
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