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Dérives islamistes

Y a-t-il péril en la demeure ?

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le 27.03.18 | 12h00 Réagissez

 
	Dispositif sécuritaire à Paris
Dispositif sécuritaire à Paris

Un appel d’intellectuels divers est signé  «contre le séparatisme islamiste». C’est le journal, classé à droite, Le Figaro, qui l’a publié le 19 mars dernier, relayé par le très conservateur hebdomadaire Valeurs actuelles.

Les signataires estiment être des «citoyens d’opinions différentes et très souvent opposées, qui se sont trouvés d’accord pour exprimer, en dehors de toute actualité, leur inquiétude face à la montée de l’islamisme».

Pour eux, ce qui les unit, c’est «le sentiment qu’un danger menace la liberté en général et pas seulement la liberté de penser. Ce qui nous réunit aujourd’hui est plus fondamental que ce qui ne manquera pas de nous séparer demain».

Pour appuyer leurs propos, les signataires ne donnent pas d’exemple de la majorité des musulmans vivant en France, mais craignent quelques excès de groupuscules ou assimilés, proches de thèses communautaristes affirmées.

Ils mettent en garde : «Le nouveau séparatisme avance masqué. Il veut paraître bénin, mais il est en réalité l’arme de la conquête politique et culturelle de l’islamisme.

L’islamisme veut être à part, car il rejette les autres, y compris les musulmans qui ne partagent pas ses vues. L’islamisme déteste la souveraineté démocratique car elle lui refuse toute légitimité. L’islamisme se sent humilié lorsqu’il ne domine pas.»

Ils craignent que le développement d’idées «séparatistes» ne fasse entrer la France dans un stade proche de l’apartheid qu’elles susciteraient. Les signataires estiment à ce sujet que «c’est un apartheid d’un nouveau genre qui est proposé à la France, une ségrégation à l’envers, grâce à laquelle les ‘‘dominés’’ préserveraient leur dignité en se mettant à l’abri des ‘‘dominants’’».

«Et les Français-musulmans, ou de culture musulmane sans être croyants, qui aiment la démocratie et veulent vivre avec tout le monde, l’islamisme a-t-il prévu de les mettre à part, eux aussi ? Et les femmes qui refusent d’être enfermées, qui décidera pour elles ? Et les autres, ceux qui ne méritent apparemment pas d’être protégés : sous clé dans le camp des ‘dominants’ ?»

Ils se demandent «à quoi peut donc servir ce ségrégationnisme nouvelle manière ? N’a-t-il pas surtout pour but d’affirmer la sécession avec la communauté nationale, ses lois et ses mœurs? N’est-il pas l’expression de la haine la plus caractérisée à l’égard de notre pays et de la démocratie ?» L’universitaire Olivier Le Cour Grandmaison a réagi sur son blog hébergé par le site Médiapart.

Pour lui, «l’addition de ces personnalités intellectuelles et de ces esprits forts et cultivés laissaient augurer un texte puissant, servi par des plumes inventives et brillantes. Sans être d’accord, je pensais que j’allais humer l’air vif des sommets, je n’ai fait que respirer les remugles d’eaux troubles et grasses, agitées par des poncifs rebattus qui courent comptoirs et rues».

«Des poncifs rebattus qui courent comptoirs et rues»

Quant au clinquant des titres et des notoriétés affichés, il ne change rien à l’affaire, il prouve seulement que ceux qui se croient hauts pensent bas, quelquefois. «Ils lestent des opinions communes d’une légitimité académique susceptible de les faire passer pour des réflexions importantes.

J’ignore qui a tenu le clavier, mais le résultat pourrait laisser croire qu’un communicant affairé et dépassé par les éléments de langage qui lui ont été imposés, s’est attelé à cette tâche en débitant avec empressement lieux communs, amalgames, raccourcis grossiers, confusions inacceptables.»

Pour Le Cour Grandmaison, «Sud Education 93 et ses alliés supposés deviennent ainsi de dangereux activistes qui encouragent ‘la haine la plus caractérisée à l’égard de notre pays et de la démocratie’, et font peser sur la douce France des menaces existentielles.

Des adversaires ? Non, des ennemis, à bien lire ceux qui souscrivent à ces formulations radicales bien faites pour susciter cette passion souvent mauvaise qu’est l’indignation.

Nous ne leur ferons pas l’injure de croire qu’ils ne savent pas ce que les mots veulent dire».
Et à l’universitaire de conclure : «Les signataires de cet appel s’en prennent de façon toujours plus violente aux femmes, aux hommes et aux organisations diverses qui défendent un antiracisme politique.»

Walid Mebarek
 
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