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Un racisme virtuel qui commet beaucoup de dégâts

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le 27.03.18 | 12h00 Réagissez

Selon le rapport de la Commission nationale consultative des droits de l’homme rendu au Premier ministre français, Edouard Philippe, la semaine dernière, la question du racisme demeure inquiétante et prend de nouvelles formes qui épousent les nouveaux moyens de communication sur internet.

Après trois années de hausse, «l’indice de tolérance à l’altérité» révèle qu’en 2017, la hiérarchie des rejets demeure stable. L’indice faiblit cependant selon des pics qui correspondent notamment aux attentats, comme celui commis la semaine dernière à côté de Carcassonne. Selon la CNCDH, «les ‘‘Maghrébins et les musulmans’’ sont les moins acceptés et internet se fait le haut parleur de ce rejet. Les ‘‘Roms et les gens du voyage’’ sont de loin les plus rejetés.

Les ‘‘acceptés’’ sont les minorités juives, noires et asiatiques». Le dossier du CNCDH met dans la balance les éléments de réflexion et d’analyse de plusieurs structures chargées de collecter les données en ce domaine, comme la Plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements (Pharos).

Premier enseignement, on assiste donc à un «glissement des discours de haine des anciens supports (tracts, courriers, etc.) vers internet». Une simple visite sur les réactions postées sur les sites d’information et sur les blogs par les internautes suffit pour se faire quotidiennement l’observateur du racisme virtuel qui se croit à l’abri de la répression malgré les lois qui punissent tout propos dégradant ou insultant.

Au contraire, selon la CNCDH, on constate une «virulence» et un «déferlement des discours de haine dans l’espace virtuel». Cela confirme «la place d’internet comme média de choix pour les auteurs de tels discours, dans la mesure où il permet l’immédiateté tout en préservant un certain anonymat», puisque ces dernières années la surveillance s’est accrue de la part des cellules spécialisées de policiers et gendarmes qui, selon Le Monde, «reçoivent, lisent, analysent, recoupent et stockent des centaines de milliers de signalements dans une base de données, pour ensuite générer des investigations plus techniques qui permettent d’identifier l’hébergeur, l’éditeur et ensuite l’auteur». C’est que la tâche n’est pas légère.

Injures et diffamations xénophobes ou discriminatoires ont presque doublé en 2017. Selon les données de la Plateforme, qui dépend du ministère de l’Intérieur, «les signalements de discriminations ont certes baissé en 2017 par rapport à 2016, année d’événements terroristes (Magnanville, Nice, Saint-Etienne-du-Rouvray). Mais, dans le détail, les injures et diffamations, qui s’adressent directement à une personne, contrairement à la provocation à la haine, ont plus que doublé (+ 108,5 %) en termes de contenus recoupés».

Ainsi, le plus grand nombre de signalements concerne les provocations à la haine et à la discrimination raciale, ethnique ou religieuse (discours antisémites, antimusulmans, anti-arabes, antichrétiens...). 

Sachant que beaucoup ne font pas le pas d’aller vers les forces de police, les injures et diffamations xénophobes ou discriminatoires ont presque doublé en 2017. Le souci est de savoir que faire de ces signalements qu’il reste difficile de traiter dans des délais raisonnables, les services de sécurité étant déjà à fond dans les questions liées au terrorisme et à la radicalisation, selon le terme utilisé en France pour parler des islamistes tentés par le terrorisme.

Un domaine sur lequel l’attentat de Trebes de vendredi a démontré qu’il était compliqué à maîtriser absolument. A contrario, la CNCDH reconnaît qu’internet permet de développer un «degré de cosmopolitisme et d’ouverture au monde». «L’intolérance augmente avec l’âge, elle diminue avec le niveau d’études et d’ouverture au monde, mesuré par un indicateur de ‘cosmopolitisme’ croisant usages d’internet, fréquence des voyages et séjours à l’étranger».

Hélas, par la force des lois, la norme sociale antiraciste s’est imposée en France, sans que les préjugés racistes aient véritablement disparu : «Le racisme, construction sociale qui fonctionne comme une division entre un ‘eux’ et un ‘nous’, se renouvelle sans cesse, autant dans sa nature que dans ses cibles et ses modes d’expression».

Walid Mebarek
 
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