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Les 137 nuances du terrorisme selon l’IFRI

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le 10.04.18 | 12h00 Réagissez

Rendue publique le 10 avril, l’étude intitulée «Les 137 nuances du terrorisme» est la première du genre faite en France.

Son but est de  comprendre pourquoi des centaines de jeunes ont répondu aux sirènes du terrorisme, faisant ainsi de la France le premier pays européen pourvoyeur de terroristes.

L’étude a recensé 1300 terroristes français partis faire le djihad en Syrie et en Irak. 323 sont revenus des terrains de la guerre, dont 68 mineurs. Elle a également montré que la France est le pays européen le plus touché par le terrorisme depuis 2004.

Ainsi, l’étude de l’IFRI, consacrée à 137 jeunes tous condamnés pour des faits de terrorisme, fait ressortir que 47% d’entre eux ne possèdent aucun diplôme d’études. 24% ont obtenu le baccalauréat, 3% sont des licenciés et 1% a obtenu le diplôme de doctorat.
Quant à leur âge Moyen, il est de 26 ans. Tous viennent de familles pauvres, habitant dans des banlieues populaires.

Géographiquement, ce sont les villes  du nord de la France (Lille, Roubaix, Valenciennes..) et du sud (Marseille, Nice, Lunel et les régions limitrophes) qui abritent le plus grand nombre de terroristes.

A titre d’exemple, la commune de Lunel, située entre Nîmes et Montpellier (sud-est de la France) a vu partir 150 jeunes en Syrie et en Irak. C’est la première commune pourvoyeuse de terroristes dans toute l’Europe.
 

Le Yémen et l’Arabie Saoudite, destinations des terroristes

Concernant l’identité des 137 terroristes, le rapport de l’IFRI montre que 90 jeunes sont des Français de souche, 29 des binationaux (14 Franco-Marocains, 10 Franco-Algériens et 5 Franco-Tunisiens). Enfin 11 sont des étrangers (3 issus du Maroc, 3 d’Algérie, 3 de Tunisie, 1 Indien et 1 pakistanais).

L’étude a aussi indiqué que les terroristes emprisonnés dans les années 2000 sont ceux qui ont passé beaucoup de temps dans les pays arabes afin d’apprendre la langue et le Coran. L’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Mauritanie et le Yémen sont les pays qui ont accueilli le plus de jeunes candidats au djihad.

Comment ces jeunes se sont-ils radicalisés au point de passer à l’acte ? Même s’il est de tendance de dire que c’est grâce à internet et aux réseaux sociaux, le rapport de l’IFRI est beaucoup plus réservé sur cette question. Il fait remarquer que les jeunes ne sont pas devenus des terroristes en se réveillant le matin, mais que le processus a duré des mois, parfois même des années.

Quant à internet et aux réseaux sociaux, ils sont juste utilisés pour communiquer entre eux, s’échanger des infos, des photos ou des plans.

Pour ce qui est des moyens de financement du terrorisme, l’enquête a mis en lumière quatre principaux moyens.
Le premier, le plus répandu, montre que ce sont les groupes armés eux-mêmes (EI, Al Qaïda…) qui fournissent les moyens financiers et matériels nécessaires à ces jeunes en vue de commettre des attentats ou pour se rendre dans des zones de guerre.

Plusieurs terroristes condamnés sortiront de prison en 2022

Le deuxième type de financement est plutôt autonome. Autrement dit, ce sont les djihadstes eux-mêmes qui financent leurs voyages avec leur propre argent. Mais ce cas de figure reste rare. Le troisième moyen de financement provient de la vente de la drogue ou parfois des vols. Enfin le dernier moyen de financement vient des familles des jeunes elles-mêmes.

Mais selon le rapport, certaines familles offrent de l’argent de poche à leur progéniture qui l’utilise pour financer le départ en zones de guerre. Cependant, il précise que ces familles ne sont pas toujours au courant des plans de leurs enfants ou comment ils dépensent l’argent.

L’étude a conclu que les radicalisés viennent en majorité des familles émigrées modestes, voire pauvres, et vivant dans des quartiers défavorisés, sans travail ni perspective d’avenir.

Pour lutter contre ces terroristes ou ceux qui risquent de le devenir, les spécialistes de l’IFRI ne mettent pas uniquement en avant le volet sécuritaire, mais appellent à mettre en place plus d’actions de prévention sur une longue durée.

Enfin, le rapport évoque l’inquiétude des autorités françaises quant à la sortie de prison en 2022 de plusieurs terroristes qui auront purgé leur peine. Comment les traiter, là est la grande inconnue.
 

Yacine Farah
 
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