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Laïcité : La crainte de l’unilatéralisme

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le 17.04.18 | 12h00 Réagissez

En débutant ses propos, le président Emmanuel Macron eut cette formule : «Nous partageons confusément le sentiment que le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé et qu’il importe, à vous comme à moi, de le réparer.»

Cela a fait réagir la Ligue des droits de l’homme, qui s’inquiète de l’instauration par l’Etat d’un interlocuteur religieux privilégié, au détriment des autres religions : «Garant de la liberté de conscience et de culte, l’Etat n’entretient pas de lien avec les églises sur un pied d’égalité, encore moins en privilégiant l’une d’entre elles, fût-ce en invoquant l’‘‘histoire’’ ou la ‘‘culture’’.»

D’autre part, «la volonté proclamée de ‘‘réparer’’ des liens ‘‘abîmés’’ avec l’Église catholique semble davantage relever d’un désir d’ordre privé, dont on saisit mal la portée réelle, plutôt que d’une responsabilité d’État.

Il est problématique de voir le président de la République se livrer à une sorte de bilan du religieux au regard des problèmes posés au corps social tout entier. Garant suprême de la Constitution et des institutions, le président de la République inaugure, ce faisant, une lecture de la loi de 1905 qui n’est pas sans risque de confusion».

Dans une tribune publiée par L’Humanité sur son site internet, intitulée «La ‘‘start-up nation’’ en quête de spiritualité», Blaise Dufal, historien, membre du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH) se demande «à quel moment l’Église s’est installée ‘‘hors les murs’’ de la cité en France, tant les clercs catholiques ont joué, selon diverses modalités, un rôle non négligeable dans la société et la politique françaises des dernières décennies». Cela dénote, selon lui, «une lecture spécieuse et partisane de l’histoire de la France».

Sur le sujet de la laïcité, «le chef de l’État français s’est transformé en un prédicateur volubile, toujours plus persuadé de la puissance de son verbe profondément empreint d’un catholicisme à la fois de circonstance et de conviction». «Macron parle en tant que catholique aux catholiques, comme il parle aux patrons en tant que banquier».

Les hommes politiques n’ont pas manqué l’occasion de monter au créneau pour dénoncer les propos de Macron, qui, lui-même, disait à son auditoire que son intervention soulèverait des quolibets. On citera particulièrement le député Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la France Insoumise, pour qui Macron était «en plein délire métaphysique.

Insupportable. On attend un président, on entend un sous-curé». «Le président de la République n’est pas une autorité spirituelle. C’est un mélange des genres mortel. On n’a pas à convoquer les croyants en leur qualité de fidèles d’une religion.

Ce pays ne lui appartient pas. C’est d’une outrecuidance totale, inouïe». Le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, se demande : «De quoi nous parle-t-on ? L’Eglise catholique n’a jamais été bannie du débat public. Quel lien restaurer avec l’Etat ? En République laïque, aucune foi ne saurait s’imposer à la loi. (…) La laïcité est notre joyau. Voilà ce qu’un président de la République devrait défendre.»

Walid Mebarek
 
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