Edito
 

Trahison(s) arabe(s)

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le 10.05.18 | 12h00 Réagissez


Aussitôt l’annonce faite par Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015, les Occidentaux, l’Allemagne en tête, suivie de la Grande-Bretagne, la France, de même que naturellement la Chine et la Russie, ont déploré la décision du chef de l’Exécutif américain. Un accord pourtant entériné par le Conseil de sécurité des Nations unies et l’Union européenne.

Tous ont déploré un acte lourd de conséquences puisque le président Trump a promis un durcissement de l’embargo envers l’Iran et des sanctions, et des mesures de rétorsion contre les entreprises étrangères occidentales ou non qui entretiendraient encore dans les six mois qui viennent des relations avec ce pays. Le marché américain leur sera alors fermé et des sanctions seront prises.

Tous ou presque, jusqu’à la Turquie d’Erdogan que l’on ne peut pas soupçonner de sympathie envers Téhéran, ont regretté la décision du chef de la Maison-Blanche. Exception faite, notable et remarquée, de la Ligue arabe et des pays inféodés à l’Arabie Saoudite. En effet, son secrétaire général, l’Egyptien Ahmed Abu El Gheit, s’est voulu plus royaliste que Trump, non seulement en critiquant l’accord, mais aussi en dénonçant, dans la foulée, la soi-disant «politique de déstabilisation» de Téhéran dans le monde arabe.

Une réaction qui n’étonne plus personne, tant il s’avère aujourd’hui que l’Organisation des pays arabes s’aligne sous la houlette saoudienne, non seulement sur la politique américaine au Proche- Orient avec un infléchissement remarqué en faveur d’Israël, devenu du coup un allié objectif des pétromonarchies arabes sunnites contre l’Iran chiite.

Celui-ci est de plus en plus perçu comme un «empêcheur de tourner en rond», par la coalition militaire dirigée par Riyad opérant au Yémen et responsable d’un véritable génocide, qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes parmi la population civile. Une obsession antichiite qui est allée jusqu’à pousser la monarchie marocaine à accuser le Hezbollah chiite libanais, engagé aux côtés de pasdarans iraniens en Syrie contre des groupes rebelles djihadistes, de fournir armes et appui au Front Polisario au Sahara occidental.

Mais là aussi, le mensonge est trop gros pour passer, en dépit de l’appui qui n’étonne plus personne, de la Ligue arabe ainsi alignée. Celle-ci, par contre, ignore le drame et le génocide que subit la population palestinienne à Ghaza et dans les territoires occupés, notamment ces cinq dernières semaines avec les manifestations pacifiques dans le cadre de «la marche du retour» organisée tous les vendredis.

Jusqu’à présent, on compte une cinquantaine de victimes, dont cinq enfants, des milliers de personnes blessées, la plupart aux jambes et par conséquent handicapées à vie, à la suite des tirs de l’armée israélienne contre ces civils. Le sommet arabe qui s’est tenu il y a une quinzaine de jours à Riyad n’en a soufflé le moindre mot, ni la moindre allusion… Comme s’il fallait ménager le nouvel allié objectif : Israël. Ce jour-là les Arabes étaient absents et les Palestiniens ont dû se sentir bien seuls.

Reda Bekkat
 
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