Edito
 

Silence, on extermine

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le 22.02.18 | 12h00 Réagissez


Il faudra un autre Pablo Picasso pour immortaliser sur une toile l’enfer que vit actuellement le peuple syrien. Le grand peintre espagnol a laissé à la postérité sa célèbre toile «Guernica» qui dénonce le massacre par l’aviation nazie de la population de cette ville andalouse en 1936. 70 ans plus tard, Bachar Al Assad fait pire. Pour conserver son pouvoir, il a décidé d’exterminer purement et simplement son propre peuple, enlevant la palme de l’horreur à Néron, Hitler et autres sanguinaires qui se sont atrocement distingués dans l’histoire de l’humanité.

Assuré de la passivité de la communauté internationale, le monstre syrien continue «d’assiéger et d’affamer», pour reprendre un diplomate occidental, ce peuple martyr. Même les hôpitaux n’échappent pas à sa furie. Rien que dans la Ghouta orientale, cette région bombardée depuis trois mois, six hôpitaux ont été délibérément détruits ces derniers jours. Qui aurait dit que Damas, la plus vieille cité de la planète qui a «rayonné» sur le monde à l’époque de Mouâwya, ressemblera un jour à Dresde, rasée par les Alliés durant la Seconde Guerre mondiale.

«Aucun mot ne rendra justice aux enfants tués, à leurs mères, à leurs pères et à ceux qui leur sont chers», s’est insurgée l’Unicef contre cette «guerre d’extermination», comme le souligne l’opposition syrienne.

Si les nazis avaient envoyé des enfants juifs dans les camps d’extermination, Bachar Al Assad avec une cruauté sans nom extermine et enterre dans leurs propres maisons avec son aviation les bébés syriens. Rien ne dit que la Syrie sera comme avant avec cette tragédie qui dure depuis 2011. Et rien ne dit que ce pays ne sera pas rayé de la carte. Trois pays arabes, l’Irak, le Yémen et la Libye, risquent de subir le même sort et le Soudan a déjà été démembré avec la complicité du dictateur Omar El Béchir.

Tout cela relève d’un plan pour faire éclater les pays arabes, un plan qui vise, entre autres, l’Arabie Saoudite. Le drame syrien est encore aggravé par l’interventionisme turc. Recep Tayyip Erdogan profite de la faiblesse de l’Etat syrien, ou du moins ce qu’il en reste, pour agresser ce pays martyrisé sous prétexte de faire la guerre aux Kurdes de ce pays alors que ces derniers ne constituent aucune menace pour la Turquie. Une manifestation d’un nationalisme turc exacerbé qui fait peur.

Que fait cependant la Ligue arabe ? Sous l’influence du wahhabisme, qui est désormais dominant dans cet organisme, elle a mené une campagne hostile contre le régime de Damas, campagne qui n’a aucunement ébranlé ce dernier, mais qui a provoqué une catastrophe humanitaire unique en son genre et des traumatismes irréparables chez les Syriens. Aujourd’hui, l’avenir de la Syrie est plus qu’incertain.

L’aventurisme criminel de Bachar Al Assad permet à Israël de consolider sa présence au Golan. La Turquie, de son côté, se prépare à la curée pour, éventuellement, s’emparer du Kurdistan syrien. Doucement mais sûrement, le démembrement du Proche-Orient est en cours. Avec la complicité des «régimes arabes».

Tayeb Belghiche
 
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