Edito
 

Le miroir aux alouettes

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le 07.03.18 | 12h00 Réagissez


La production nationale de ciment, qui souffrait  il y a quelques mois à peine, de tensions récurrentes en termes de disponibilité et de prix, connaît aujourd’hui le phénomène inverse :  une saturation du marché qui inquiète les professionnels du secteur. Le ralentissement de la commande publique dans le secteur du bâtiment et de la construction et des projets des auto-constructeurs fortement impactés par la crise économique et financière, conjugués aux timides perspectives en matière  de débouchés extérieurs qui s’offrent à ce secteur font planer de sérieuses inquiétudes sur l’avenir de cette branche.

Celui-ci s’annonce encore d’autant plus sombre, quand on sait qu’en plus des capacités déjà installées et en service qui n’arrivent pas aujourd’hui à écouler les excédents de production accumulés, de nouvelles unités de production sont en cours de réalisation. Le marché africain sur lequel avaient misé les pouvoirs publics et que l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, avait défendu avec un incroyable zèle qui tenait beaucoup plus de l’activisme et de la démagogie que du pragmatisme, s’est révélé n’être qu’un miroir aux alouettes.

Les quantités de ciment susceptibles de trouver preneur sur le marché africain s’annoncent, en effet,  plutôt pessimistes, compte tenu de la conjoncture économique également défavorable qui prévaut aujourd’hui sur le continent. Les cimentiers publics et privés qui ont consenti de lourds investissements pour réguler ce secteur qui a toujours évolué au rythme des tensions et de la spéculation sont gagnés aujourd’hui par le doute et le sentiment fort de se diriger droit dans un mur de béton.

La relance des projets d’habitat et des infrastructure de base sous les effets dopants de la planche à billets si elle peut contribuer à soulager les cimenteries de leurs stocks en souffrance, il reste que les capacités internes de consommation en ciment sont de loin inférieures aux investissements réalisés et aux niveaux de production actuels et prévisionnels futurs pour parier sur un réequilibrage rapide du marché.

On a voulu s’affranchir de l’importation en se lançant dans une politique coûteuse d’investissements, le résultat est que l’on a réussi, certes, à gagner la bataille de l’autosuffisance, mais à quel prix ! Cette expérience gagnerait à être méditée pour ne pas réediter les mêmes erreurs dans d’autres filières qui connaissent, à l’instar des investissements dans l’industrie du ciment, une frénésie qui,  si elle n’est pas rigoureusement contrôlée, planifiée et encadrée, risque de se transformer en cauchemar et gouffre financier pour le pays.

Le secteur de l’industrie automobile, qui connaît un regain d'intérêt à la faveur des agréments accordés pour l’installation de nouveaux concessionnaires, sera à coup sûr voué, lui aussi, au même sort, si on laisse également l’anarchie, l’improvisation, les objectifs de prestige prendre le pas sur le réalisme économique, la pérennité et la rentabilité de ce secteur. Le travail de planification, auquel on avait dédié autrefois, au temps du socialisme dans ses heures de gloire, un département ministériel investi d’un pouvoir régalien qui planchait sur les besoins et les prévisions sectoriels, n’est plus aujourd’hui qu’une formalité expédiée dans les bureaux de bureaucrates sans prise sur le réel. Pour preuve,  ce télescopage de chiffres que l’on annonce en grande pompe pour être aussitôt démentis le lendemain.

Omar Berbiche
 
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