Edito
 

Décevante Egypte

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le 03.03.18 | 12h00 Réagissez


L’Egypte vit ce mois-ci au rythme d’un non-événement : l’élection présidentielle qui aura lieu du 26 au 28 mars. Le maréchal Abdelfattah Al Sissi est assuré de l’emporter haut la main, pour respecter la tradition dans les pays autocratiques du tiers-monde. Pour réussir cet «exploit» sur la route du succès à venir, l’administration est parvenue à faire peur à tous les candidats crédibles et les a obligés à se retirer pour faire place nette et éviter toute surprise.

Le Président sortant aura en face de lui un pantin dont personne ne se rappelle le nom et qui a la particularité de montrer à côté du logo de son parti le portrait du... maréchal Al Sissi. Une mascarade électorale de plus, où le régime ne craint pas le ridicule et expliquant qu’il a écarté la candidature d’un avocat, défenseur des droits de l’homme, Khaled Ali, parce qu’il aurait fait un bras d’honneur devant une cour de justice.

Pourtant, l’arrivée au pouvoir d'Al Sissi a suscité de grands espoirs. La chute de Hosni Moubarek en 2011 à la suite d’un soulèvement populaire et son remplacement par Mohamed Morsi a d’abord créé un climat d'optimisme chez les Egyptiens. Mais ces derniers devaient vite déchanter, Morsi s’appliquant à jeter les bases d’une République islamiste. L’armée, dans un sursaut salvateur, met fin à l’aventure et adoube le maréchal Al Sissi.

Malheureusement, la première tâche à laquelle s’est attelé ce dernier a été de déclencher une répression terrible contre la mouvance démocratique, celle-là même qui a payé le prix du sang pour mettre fin à la dérive de Morsi et qui lui a permis d’accéder au pouvoir. Une ingratitude que le pays des pharaons n’est pas près d’oublier, même si en apparence le peuple fait semblant de faire la fête. Pour faire bonne mesure, le nouvel homme fort a pratiquement réhabilité le clan Moubarak qui a pourtant mené l’Egypte à la dérive.

Cette présidentielle égyptienne est un autre point noir à inscrire dans le passif du monde arabe, qui refuse de rejoindre les nations modernes et d’accéder de plain-pied dans le XXIe siècle et à la modernité. La déception est d’autant plus grande que l’Egypte, par sa position géographique et son histoire, était considérée comme une possible locomotive susceptible d’entraîner les Arabes vers un monde meilleur, les Arabes qui manquent cruellement de leaders.

Où est l’Egypte de Gamal Abdel Nasser qui électrisait les foules, qui avait pris la tête de la lutte anti-impérialiste et qui avait montré la voie à suivre en nationalisant le Canal de Suez, un événement qui a contribué à l’émancipation économique des peuples déshérités ?
L’Egypte, même dénuée de ressources, aurait pu donner l’exemple en instaurant et en travaillant pour la démocratie. Le pouvoir a, au contraire, laissé l’université Al Azhar répandre l’obscurantisme.

Au point qu’aujourd’hui Le Caire se retrouve sous tutelle de l’Arabie Saoudite qui a été jusqu’à l’entraîner dans une agression militaire contre le Yémen, une affaire qui ne sert guère le prestige de l’Egypte. Les pétrodollars ont eu le dessus. Et le peuple du Nil paiera encore les pots cassés.

Tayeb Belghiche
 
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