Edito
 

Acte arbitraire

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le 06.03.18 | 12h00 Réagissez


Un militant des droits des chômeurs est de nouveau interdit de quitter le territoire national. Cela rappelle les tristes événements de la période qui a précédé l’élection présidentielle de 2014, lorsque des syndicalistes, militants associatifs et défenseurs des droits de l’homme se sont retrouvés, du jour au lendemain, devant un mur : ils ne pouvaient pas sortir du pays.

Pis, ils sont confrontés à un mur beaucoup plus hermétique. Ni la justice ni l’autorité administrative ne sont en mesure de dire clairement les motifs de l’interdiction. Comme dans un cercle vicieux, les services de la police des frontières renvoient l’infortuné citoyen à une justice qui dit ne rien savoir à son sujet. A qui s’en remettre ? A Dieu ou aux hommes ?

Tahar Belabbas, qui en a fait l’amère expérience pour la seconde fois en quelques semaines, n’est malheureusement pas seul dans ce cas. Des hommes politiques, de simples militants syndicaux, associatifs ou autres acteurs de la société civile se retrouvent en face d’actes arbitraires d’un autre âge. On se souvient, lors des récentes élections locales et législatives, que des postulants à des mandats locaux et nationaux ont vu leurs candidatures rejetées sur la base de soupçons d’appartenir à une organisation, un parti politique ou parfois à un groupe «séparatiste».

Tout cela est l’œuvre des services de la police politique, pourtant censée être dissoute depuis 2014.

Les dirigeants du pays semblent en effet paniquer à chaque veille d’élection importante. Comme en 2014, l’approche de l'élection présidentielle de 2019 semble avoir de l’effet sur les nerfs des responsables du pouvoir.

Et à défaut de concrétiser les promesses d’un pays réellement démocratique, le système retourne aux vieilles méthodes staliniennes. Pour faire passer ses «pilules», le pouvoir devient brutal, violent et viole ses propres lois ! Dans le cas de Belabbas et d’autres, la conduite la plus simple à tenir aurait été d’appliquer les lois en vigueur. Si ce citoyen était en infraction, des juges sont payés pour faire appliquer les lois de la République. Ou s’il est juste interdit de quitter le pays parce qu’il est considéré comme «élément subversif» – une expression qui renvoie aux années du parti unique –, cela devient grave, très grave. Car, «personne n’est au-dessus de la loi». Seul le juge peut appliquer les lois.

Si de tels faits sont vérifiés, cela signifie que la police politique – et ses pratiques – n’ont jamais disparu de ce pays. Et cela n’est pas près de changer, quel que soit le discours qu’on veut vendre pour la consommation externe. On ne peut jamais changer une réalité par des discours, mielleux soient-ils. Seuls des faits concrets peuvent démontrer la bonne volonté d’un pouvoir, d’une autorité ou d’un individu. Or, la réalité est qu’en 2018, l’Algérie officielle interdit toujours à ses citoyens de voyager sur la base de simples rapports de police. Une honte !

Ali Boukhlef
 
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