Chroniques Point Zéro
 

Croire que l'on croit n'est pas une certitude

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 13.03.18 | 12h00 Réagissez

Les Algérien(ne)s croient-ils en Dieu ? A première vue oui, on construit plus de mosquées que d’hôpitaux, on croit donc plus au pouvoir divin de rendre malade qu’à la prévention ou la médication.

A seconde vue aussi, près de 90% des Algérien(ne)s prient quotidiennement, bien que l’on n’ait pas de statistiques à ce sujet, mais à troisième vue, c’est plus complexe ; il n’y a jamais eu autant de mosquées et de fidèles, mais jamais eu autant de vols, de corruption et de mensonges, ce qui revient à dire que la foi est en perdition, ou que ces délinquants, voyous de rue ou de Palais, pensent que Dieu ne les punira pas. Dans ce cadre, on peut relever cette hérésie fondamentale qui consiste pour un certain nombre de musulmans à vouloir défendre Dieu en fermant les bars, interdisant la mixité, les minijupes ou les maillots de bain ou la baignade pour femmes, comme si Dieu ne pouvait pas le faire ou manquait de jugement. Même type de questionnement, les Algérien(ne)s croient-ils en la démocratie ? A première vue, oui là aussi. En tout cas, ils y croyaient en 1954, lors du déclenchement de la dernière Révolution qui a conduit à l’indépendance, imaginant un futur juste, où chaque habitant du pays serait un citoyen égal aux autres.

Mais il semble que ce ne soit plus le cas, les rares votants votent comme tout le monde pour celui qui est déjà adoubé d’en haut, et la récente sortie de Amar Ghoul, ex-ministre et sénateur, «le choix du futur Président doit rester celui de l’Etat» est révélatrice. En toute franchise, il a d’un coup éliminé le suffrage universel, le vote citoyen et la légitimité populaire, sans pour autant expliquer qui est cet Etat, Bouteflika ou son frère, le DRS et sa grand-mère, l’ANP et ses enfants. Pour Dieu donc, le ritualisme a pris la place de la foi, et pour la démocratie, l’adoubement et le clientélisme la place de la souveraineté populaire. Quel peut bien être le destin d’un peuple qui ne croit ni en Dieu ni en la démocratie ? La réponse, cruelle, en 2019.

Chawki Amari
 
loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco
Loading...
Vidéo

vidéos

vidéos
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie
 
Loading...