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Algérie, la citoyenneté impossible ?

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le 15.04.18 | 12h00 Réagissez

Elle est au cœur de la problématique politique et sociétale nationale.

Point cardinal d’une vie démocratique et baromètre à partir duquel on peut mesurer la modernité d’un système politique, la citoyenneté – valeur et réalité – est la grande absente du paysage algérien.

C’est la conclusion à laquelle est parvenu le sociologue Mohamed Mebtoul dans son ouvrage Algérie, la citoyenneté impossible, qui vient de paraître aux Editions Koukou. Partant d’une analyse empirique qui couvre plusieurs champs, le professeur de sociologie de l’université d’Oran scrute le système politique algérien dont la nature est fondée sur «le clientélisme, la cooptation, l’allégeance et l’informel». Une perversion de l’action politique sur fond de violence des rapports sociaux rendant inopérant les normes et les règles pourtant instaurées par le système lui-même.

Il décrit à ce titre «les royaumes de l’informel». «Force est d’observer que l’informel se cristallise aussi dans l’espace politique. Il devient clairement une modalité de pouvoir imposée à la société, l’informel est au cœur des jeux politiques. Il se caractérise par les dépassements qui refoulent à la marge les normes fixées et objectives par le pouvoir lui-même (…).

L’informel politique est à l’origine de glissements risqués, qui viennent contredire l’exemplarité de l’Etat, en principe détenteur de la violence légitime», analyse l’ouvrage. Une des conséquences logiques de la prééminence de l’informel est l’émergence d’une classe politique sans identité, coupée des réalités sociales aux majorités artificielles.

«Il est loisible d’observer la présence physique d’une majorité de partis venus de nulle part, sans identité politique et sans enracinement dans la société. Le rapport marchand a permis de créer artificiellement de faux ‘‘militants’’ de conjoncture, bafouant la notion d’engagement politique. Leur émergence sur la scène sociale procède en réalité de coup de force administratif, précipité et volontariste qui les a davantage décrédibiliser aux yeux de la population, mais tout en assurant la reproduction de l’identité du système sociopolitique», examine le sociologue.

Portant un regard critique sur le fonctionnement du système politique dominant en mettant en évidence les instruments «violents» pour sa propre survie, Mohamed Mebtoul explore aussi le champ social où devrait justement s’exercer pleinement la citoyenneté. Et pour démontrer le déni de citoyenneté, l’auteur passe au crible le «patriarcat politique et social, l’école sans âme, l’université réduite aux chiffres, une jeunesse poussée à la marge et la santé sans citoyenneté».

«Comment peut-on évoquer la citoyenneté dans la société quand les institutions sociales, politiques et économiques lui sont extérieures, fonctionnant par le haut et sur injonction politique administrative ?» conclut Mohamed Mebtoul.  

Hacen Ouali
 
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